À Mae Salong, en Thaïlande, une communauté chinoise produit des Wu Long, dignes de concurrencer les meilleurs crus taïwanais. François-Xavier Delmas et Mathias Minet sont partis à leur découverte.
Depuis plusieurs années déjà, le nom de Mae Salong nous faisait rêver. Coupures de presse, témoignages d’amis passés là-bas en touristes, prospectus commerciaux qui s’accumulaient dans notre dossier « Thés de Thaïlande » sans que nous nous décidions à partir. Manque de temps, choix des priorités… il reste tant de jardins de thé à découvrir ! Et puis un beau matin, Augustin, un neveu de François-Xavier, l’appelle, il est là-bas et lui raconte : les champs de thé vallonnés à perte de vue, le village chinois ancré dans son folklore, son histoire, l’enthousiasme d’une certaine Madame Ming à l’idée de nous rencontrer… Quelques semaines après, Augustin nous fait parvenir des échantillons de thé que nous dégustons… et c’est la surprise ! Notre prochaine destination devient une évidence : nous irons à Mae Salong.
Mae Salong est un village situé au nord de la Thaïlande, à environ une heure et demie de voiture de Chiang Rai et à quelques kilomètres de la frontière birmane. Il abrite une importante communauté chinoise, environ 80% de sa population, qui vit essentiellement du tourisme et de la culture du thé. Le village ressemble typiquement à ceux que l’on peut voir dans le Yunnan : architecture, organisation socio-économique, gastronomie, sans oublier le dialecte, tout nous transporte dans cette province chinoise et nous rappelle que la plupart des habitants y ont leurs racines.
C’est le cas de Madame Ming, avec qui nous avons noué depuis d’étroits contacts, qui est née à Kunming mais n’a quasiment jamais vécu en Chine. Nous comptons beaucoup sur elle pour mieux connaître les thés de Mae Salong. Figure locale haute en couleur, elle est en effet propriétaire de l’une des principales manufactures de thé de la région. En nous racontant son histoire, Madame Ming nous dévoile celle de Mae Salong, singulière et sulfureuse, bien éloignée de l’atmosphère prospère et bon enfant qui règne dans les rues du village. Tout commence en Chine en 1950…