Le thé devient une monnaie d'échange
Les Chinois tirèrent parti de cet engouement des Tibétains puis des Mongols pour le thé en transformant cette boisson quotidienne en marchandise.
Le thé devint ainsi une monnaie d’échange.
Afin de développer la puissance militaire chinoise, le thé du Yunnan et du Sichuan fut alors échangé contre des chevaux du Tibet et de Mongolie,
réputés pour être les meilleures montures. Un cheval était troqué contre environ 60 kg de thé.
Cela marqua le début de la Cha Ma Gu Dao (littéralement, la « route caravanière thé-cheval » en mandarin),
route qui fut parcourue durant plus de 15 siècles.
Au-delà de la très forte incidence sur le développement de la Chine durant des âges, cette voie permit aussi l’essor
du commerce entre l’empire et ses pays voisins. Dès le 11e siècle, le thé en galette devint ainsi le principal produit
d’échange entre la Chine et le Tibet, et la route fut l’axe essentiel des échanges en Asie du Sud-Est.
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Pour des raisons de praticité et de transport, le thé vert était compacté en galettes d’un poids allant de 500 g à 3 kg.
Celles-ci, cousues dans des sacs en peau de bête, étaient convoyées par caravanes de mulets et de yacks jusqu’à la capitale du Tibet pendant un long périple de 6 mois.
Au contact des animaux, avec la chaleur et l’humidité, les galettes de thé fermentaient légèrement et gagnaient un parfum très particulier.
C’est ce type de thé que nous appelons aujourd’hui le Pu Erh cru, qui puise son nom dans la ville éponyme située dans les plaines du Yunnan.