Des thés semi-oxydés
Les Oolong sont des thés natures semi-oxydés –et non semi-fermentés comme il est souvent dit par erreur- ce qui signifie que leur oxydation, qui varie de 10 à 70%, est obtenue à l’issue d’un processus complexe mais parfaitement maîtrisé par les planteurs en fonction du bouquet aromatique recherché et des savoir-faire locaux.
Oolong ou « Wu Long » est la traduction (en alphabet romain) du terme chinois qui signifie littéralement « dragon noir », à cause de la teinte très sombre que prend parfois la feuille de thé en séchant. Les Chinois les désignent aussi comme thés bleu-vert par référence à la couleur de leur infusion. Depuis plus de trente ans, François-Xavier Delmas, fondateur de Palais des Thés, parcourt les plantations de Chine et de Taïwan pour rapporter les meilleurs d’entre eux, dont certains Oolong taïwanais très rares, qui figurent parmi les thés les plus chers au monde.
Les origines des Oolong
En Chine, la fabrication des premiers Oolong remonte à la fin du XVIIe siècle. Quelque cinquante ans plus tard, les Chinois, devenus entre-temps grands consommateurs de ces thés qu’ils avaient appris à connaître, ont développé un savoir-faire qui leur permet de maîtriser et optimiser la manufacture.
Aujourd’hui, les meilleurs thés chinois sont toujours cultivés dans les montagnes Wu Yi et An Xi, au nord et à l’ouest de la province du Fujian, ainsi que dans les massifs au nord du Guangdong. Ces deux régions se prêtent admirablement par leur climat et leur situation géographique à la culture du thé : des plantations à flanc de colline, une température annuelle de 18°C et une bonne répartition des pluies tout au long de l’année.
Taïwan la petite sœur surdouée
Autre région productrice, l’île de Taïwan, annexée par la Chine à la fin du XVIe siècle. Dès cette période, elle se met également à produire du thé, à partir de théiers transplantés du Fujian, mais il s’agit alors de toutes petites quantités. Ce n’est qu’en 1949, avec l’arrivée à Taïwan de Tchang Kaï-chek, président de la République de Chine, et de l’ensemble des Chinois qui se réfugient à Taïwan en apportant avec eux leur savoir-faire, que la production va s’envoler. Les terres sont particulièrement fertiles, l’hygrométrie idéale, tant et si bien que plus de 20 000 hectares sont aujourd’hui consacrés à la culture d’un thé qui se révèle d’excellente qualité. A tel point que certains Oolong taïwanais sont maintenant plus recherchés que leurs cousins chinois.