Une élaboration minutieuse
Comment s’opère l’alchimie entre les différents composants pour arriver à l’équilibre parfait ? « Pas de recette miracle », confie Mathias Minet, « l’expertise vient de l’expérience, des essais ». Pour le Spring of London, association d’un Darjeeling de printemps et d’une très belle bergamote, il s’agissait pour lui de trouver le fil rouge qui permettrait au parfum zesté aérien de la bergamote de s’accorder avec la fragilité et la fugacité des notes du Darjeeling de printemps. Pour le Chaï Impérial, la présence des épices est tellement forte que le choix du thé devait apporter la robustesse et l’astringence suffisantes pour s’harmoniser parfaitement.
Si la sélection des matières premières, feuilles de thé comme ingrédients, est primordiale pour réussir un bon thé parfumé, la mise au point exige une élaboration longue et complexe. Par exemple, certaines molécules contenues dans les mélanges parfumés peuvent être détruites par l’eau chaude tandis que d’autres apparaissent. Ainsi, dans la création d’un Earl Grey, le côté fusant à l’olfaction de la bergamote ne se retrouve pas avec la même intensité lors de la dégustation.
L’influence de la couleur du thé dans les créations
Comme sur un orgue à parfums, le créateur de thés parfumés joue avec les multiples composantes que sont les variétés de couleurs et les origines de thés, car tous ces éléments apportent profils aromatiques, notes et accords différents.
Le thé noir. Cette couleur, selon la provenance du thé, apporte des notes très corsées, parfois miellées, qui viennent notamment bien soutenir épices ou agrumes.
Le thé vert. La fraîcheur et les notes végétales de cette couleur, se marient à merveille avec les fruits, fleurs et notes zestées (la poire, la framboise, le jasmin, gingembre-agrumes, etc.).
Le thé blanc. Originaire de Chine, c’est une couleur très délicate et subtile, avec des notes fines qui s’accordent très bien avec les notes florales.