Gong Fu Cha & Oolong, les origines chinoises
D’un point de vue historique, l’avènement du Gong Fu Cha s’inscrit dans une modification des habitudes de consommation du thé.
En effet, avant la dynastie Ming (XVIe siècle), le thé était compressé pour faciliter son acheminement et sa conservation. Il était alors râpé et bouilli comme une soupe (dynastie Tang), ou moulu et consommé en thé battu (dynastie Song). Trop coûteux, ce procédé fut interdit par l’empereur Yongle, car l’économie de l’empire était au plus bas. Il faut donc attendre le XVIe siècle pour que le thé soit consommé tel que nous le connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire sous forme de feuilles entières infusées.
Ce nouveau mode de consommation va favoriser l’apparition de nouveaux ustensiles, car pour infuser simplement des feuilles entières, les bols et les fouets deviennent inutiles. C’est alors que sera inventé l’accessoire qui demeure aujourd’hui l’emblème du thé connu à travers le monde : la théière. Les premières d’entre elles étaient fabriquées dans la ville de Yi Xing au sud-est de la Chine. Cette région rayonne encore aujourd’hui à travers le monde pour son savoir-faire en matière de poterie. Ces théières en terre ont la particularité de conserver par porosité la mémoire du thé qui y est infusé. Il est donc important de consacrer chaque théière à une seule famille de thés. Or non loin de Yi Xing étaient produits des thés qui demeurent parmi les plus anciens consommés en feuilles entières : les Oolong des provinces du Guangdong et du Fujian.
Pour mettre en lumière la richesse aromatique de ces thés, on a commencé à réduire la taille des théières de Yi Xing et à augmenter la quantité de feuilles. Et parce qu’une infusion très brève permet d’obtenir une liqueur d’une grande concentration, il est devenu très rapidement d’usage d’infuser plusieurs fois les mêmes feuilles de thé jusqu’à leur « épuisement ». Une petite théière, une grande quantité de thé et des infusions répétées : tels sont les fondements du Gong Fu Cha.
Si les provinces du Guangdong et du Fujian revendiquent chacune de leur côté la paternité de cette technique, l’engouement pour le Gong Fu Cha a depuis largement dépassé les frontières chinoises.