Les origines
Le maté est consommé depuis des siècles en Argentine, au Brésil, au Paraguay, ou encore en Uruguay. Il était à l’origine utilisé par les amérindiens Guaranis qui l’ont intégré dans leur régime alimentaire de base en raison de tous ses bienfaits.
Comme le thé, le maté était une denrée essentielle, et c’est pour cette raison qu’il était autrefois une monnaie d’échange entre les Guaranis et les Incas. Le peuple Guarani consommait le maté de différentes façons. Les feuilles étaient soit directement mâchées, soit mélangées avec de l’eau dans une petite courge creusée. C’est à partir du XVIème siècle que l’usage de cette courge utilisée comme calebasse se développe, et que la consommation de maté s’étend hors du peuple Guarani.
C’est aussi au XVIème siècle qu’est attestée l’apparition du mot maté. Maté vient du mot quechua mati qui désigne en réalité la calebasse servant à infuser la yerba maté. Aujourd’hui, cette boisson a bien des surnoms : Chimarrão (au Brésil), thé du Paraguay, thé des indiens ou encore thé des jésuites. Si on l’appelle parfois thé des jésuites, c’est parce qu’au XVIIème siècle, ces derniers se sont enrichis en développant sa production lorsqu’ils ont découvert le secret de la germination des graines. Celle-ci ne se produit en effet que lorsque les graines sont passées dans le tube digestif de certains oiseaux, comme le toucan !
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Les zones de production et de fabrication
La yerba maté fait partie de l’espèce Ilex paraguariensis s’apparentant à la famille du houx. Pour se développer, cet arbre endémique d’Amérique du Sud a besoin d’un climat subtropical, d’humidité et de beaucoup de soleil. Il est cultivé dans quatre pays : l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Pour le fabriquer, les feuilles sont d’abord chauffées pour stopper l’oxydation, puis elles sont hachées et stockées pendant quelques mois pour gagner une belle concentration aromatique. Enfin, elles sont calibrées et mélangées afin d’obtenir le grade souhaité.
Une variété de profils aromatiques
Comme pour le thé, les variations de goûts, de parfums et de textures du maté sont influencées par sa fabrication. Les deux facteurs principaux entraînant des changements dans le profil aromatique sont le calibrage des feuilles et leur affinage. Le calibrage des feuilles influence fortement la texture : ainsi, plus les feuilles sont grandes, plus le maté sera rond, tandis qu’un maté aux feuilles très brisées sera beaucoup plus corsé.
De la même façon que certains thés se bonifient avec l’âge, le maté peut évoluer avec le temps en développant un profil aromatique transformé. On distingue les notes aromatiques d’un maté jeune qui sont fraîches et végétales, de celles d’un maté affiné pendant 11 mois qui développera des notes plus minérales et un goût plus amer.
Pour obtenir un maté sur-mesure, il est tout à fait possible de mélanger des matés d’affinages et de calibrages différents. On crée alors une infusion personnalisée, adaptée à notre goût et à nos envies.